Human Flower Project

Bornes de Memoire


A French scholar traces roadside tributes over two years.


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Guardrail memorial for a 30 year old (d. Sept. 12, 2004)

Chabrières, Alpes-de-Haute-Provence, France

Photo: Laetitia Nicolas

Today is All Souls, a day to remember all the dead who, for whatever reason, may not qualify for sainthood. (Sound like any relatives or friends of yours?)

In years past, we’ve reported on expressions of this custom in Italy and the Latino festival El Dia de los Muertos, with its sherbet orange displays of cempasuchil.

imageMemorial to an Unknown

Saint-Martin-de-Crau, Bouches-du-Rhône, France

Photo: Laetitia Nicolas

Thanks to Laetitia Nicolas, an anthropology student in Aix-en-Provence, this year we gratefully report on a widespread memorial tradition as practiced year ‘round in France. Nicolas has been investigating the public tributes we in the U.S. call “roadside memorials.” She’s named them “Bornes de Memoire” (landmarks of memory). For two years, she’s traveled throughout Southern France photographing the bouquets on electric poles, ribbon decorations along isolated country roads, and shrines in the middle of nowhere. These tiny monuments are made, of course, to turn “the middle of nowhere” into an honored “someplace,” where a loved one perished. And in nearly all her pictures, we see flowers, both fresh and fabric.

One of the most interesting aspects of Laetitia’s research is her effort to track down the story behind the bouquet. In some cases, she’s found the newspaper articles that reported on these highway fatalities; with others, she actually interviewed survivors.  Nicolas’s documentation is especially valuable because she has pictured not only the memorials themselves but the context, showing us what these tributes look like from afar, to the approaching, unsuspecting traveler.

imageMemorial to an Unknown

Saint-Martin-de-Crau, Bouches-du-Rhône, France

Photo: Laetitia Nicolas

Over the two years of her study (which wound up in September 2006),  Laetitia also created an online archive of the “bornes de memoire” as she discovered them, inviting comments and new information and linking to research on this topic from other parts of the world. Her intriguing site reflects new trends in open scholarship, made possible by the Internet, and furthered by her generous contribution here as well.

After looking over her site, you may want to .(JavaScript must be enabled to view this email address) for further information about this custom and/or her research methods.

Note from 3/24/07: Here is a link to Laetitia Nicolas’s full thesis (in French).

To read the abstract of her study, also in French ....

BORNES DE MEMOIRE

(French roadside memorials)

By Laetitia NICOLAS

imageSilhouette Noire with flowers, Saint-Etienne

Photo: Laetitia Nicolas

Introduction

Comment ne pas remarquer, ou rester insensible à ces signes qui ponctuent, de plus en plus, nos axes de circulation, que ce soit en Amérique, Australie ou Europe ? J’ai décidé, lors d’un travail universitaire en Anthropologie (Université d’Aix-Marseille, France), de prendre comme sujet d’étude ces bouquets funéraires de bords de route, ou « bornes de mémoire ». C’est-à-dire les bouquets –roadside memorials - (ou tout autre type d’aménagement) posés sur les lieux d’accidents mortels, et mis en place à un endroit précis pour symboliser le décès d’un individu.

Cette recherche s’est déroulée sur deux ans, et a donné lieu à la rédaction de deux mémoires. Elle a d’abord consisté en un travail théorique, auquel a succédé une recherche de terrain. La première étude bibliographique avait essentiellement été basée sur des analyses historiques et anthropologiques, à la fois classiques et contemporaines.

Celles-ci concernaient le rapport à la mort en général, c’est-à-dire sa place sociale, matérielle et symbolique, ainsi que les rituels qui l’entourent . Cette étude m’avait également donnée l’occasion de me pencher sur quelques travaux traitant de cette pratique de pose de bouquets dans l’espace public. Ces travaux sont principalement australiens et américains , faute d’études européennes trouvées à ce jour. Enfin, j’avais émis quelques hypothèses de recherches liées aux questions de visibilité et de socialisation de la mort, à la place de l’esthétique, de l’émotion et du langage des fleurs ….

Le terrain

Il s’agit d’un terrain ethnologique complexe. C’est un sujet tabou, qui touche à la douleur et à l’intime. Un sujet face auquel il n’est pas évident de garder de la distance, ni de ne pas tomber dans des généralités. J’ai été ainsi confrontée à de nombreuses difficultés. En premier lieu définir une zone d’étude géographique précise, tant cette pratique est diffuse et imprévisible. En second lieu, arriver à trouver des informateurs, et parmi eux, ceux qui acceptent de témoigner. Enfin, il a fallu prendre garde à l’autocensure et à l’émotion (en particulier lors des entretiens).

imageAutoroute A51, between Aix-en-Provence and Sisteron

Photo: Laetitia Nicolas

Pour réaliser cette enquête, j’ai donc utilisé divers moyens : un très long temps d’observation des bouquets (deux ans dans les Alpes-de-Haute-Provence), des enquêtes orales (surtout auprès de huit parents ayant perdu un enfant dans un accident de la route), et beaucoup de photographies. J’ai également créé un blog (http://bornes-de-memoire.over-blog.com) qui donne un aperçu de la diffusion de cette pratique en France, ainsi qu’une typologie des bornes trouvées dans ce pays .

Étude et analyse de la pratique

imageAix-en-Provence

Photo: Laetitia Nicolas

J’ai axé ma recherche autour de thèmes qui m’ont paru pertinents. J’ai par exemple beaucoup prêté attention au rapport espace intérieur /espace extérieur, en observant le lien organisé entre tous les lieux d’hommage au défunt : donc pas seulement les bouquets de bords de route, mais aussi les autels domestiques, les tombes ou les divers blogs d’hommage sur Internet. Je me suis ensuite intéressée aux questions de légalité de la pratique en abordant les notions d’espace public/privé.

Et enfin, étant donné que le support utilisé est très souvent un bouquet de fleurs, je me suis surtout penchée sur le rapport entre la mort et le végétal. J’ai donc étudié la nature (quelles fleurs ? quels arbres ? quelles couleurs ?) et le genre (fraîche/artificielles) des végétaux posés ; les fréquences de pose ; la place du symbolique et du pragmatique lors de l’entretien de la borne.

Conclusion

Cela m’a ainsi permis de mettre en avant l’existence d’un « langage » davantage tourné vers les personnalités des survivants et des défunts, plutôt que l’application d’un langage funéraire universel. Ces bouquets de bords de route, par les végétaux qu’ils mettent en scène, parlent donc du rapport au temps et à l’oubli (relation entre la spontanéité de la pose et l’entretien sur la longue durée), et surtout d’identité (que ce soit celle du défunt ou celle des poseurs de bornes).


Posted by .(JavaScript must be enabled to view this email address) on 11/02 at 01:51 PM

Comments

There is a sad story I have heard about on of these street tragedy. There was this happy family who had a boy, a very young one who was a doctor, like his parents. He was a new husband, only a month old when he was driving to his parents, fortunately alone. A sleeping driver got just in front of him with his powerful Mercedes. The young doctor had no chance. He died instantly. Both of the parents become insane, mad of pain. They are not on this world anymore. I do not know anything about his wife, but I bet he is still in her self purgatory.

Posted by Brenda on 11/03 at 12:12 PM

Interesting story glad i got to read it.

Posted by .(JavaScript must be enabled to view this email address) on 04/16 at 06:24 PM
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